Savoir lire ses adversaires au poker

Dans cet article, nous vous donnons un éclairage sur un élément extrêmement important au poker, quelle que soit la variante de jeu utilisée : Savoir lire vos adversaires.
En effet, même si vous n’êtes qu’un débutant, vous pourrez toujours gagner au poker si vous savez démasquer vos adversaires, ou si vos adversaires sont mauvais, s’ils sont “lisibles”.

Les quatre facteurs de décision du poker

Dans le poker, il existe quatre facteurs de décision pour permettant de vous guider vers la meilleure option de jeu ; Trois de ces facteurs de décision sont factuels :

Les cartes : celles de votre jeu que seules vous connaissez, et celles du board, que l’ensemble des joueurs ont sous les yeux
La position : selon que vous soyez en début de parole, ou en fin de parole, elle a un rôle pré-pondérant dans votre choix
Le tapis : votre pile de jeton, ainsi que celles de vos adversaires, aura une incidence sur vos choix.

Enfin, le quatrième facteur clé au poker, est le seul qui n’est pas factuel, mais plutôt un facteur plus intuitif, qui va vous permettre d’ajuster votre jeu, il s’agit de vos adversaires.

Il existe plusieurs approches de catégorisation des adversaires au poker, mais toutes s’appuient sur deux axes : la puissance de jeu et la fréquence de participation.

Les quatre profils de Phil Hellmuth
Utilisons ici l’image bestiale introduite par Phil Hellmuth dans son livre Poker Pro. Phil définit quatre types de profil de joueurs : l’éléphant, la souris, le lion et le chacal. Quel que soit votre niveau et votre type de jeu, vous pourrez être catalogués selon l’un de ces quatre profils, ou à dominante de l’un de ces profils. En progressant vous apprendrez à changer de profil.

Phil définit en fait un cinquième animal : l’aigle. Mais l’aigle étant le rapace absolu, capable de tout, l’aigle désigne les 100 meilleurs joueurs du monde. Donc inutile de s’attarder sur l’aigle, peu de chances que vous soyez l’un d’entre eux 😉

Revenons sur les deux axes permettant de caractériser les joueurs :

la puissance de mise, à l’ouverture, ou à la relance :
le joueur passif : quelle que soit son action, il ouvre et relance à faible hauteur, se contente souvent de suivre, et il fait rarement all-in
le joueur agressif : il ouvre haut et fort, mise beaucoup, relance haut, il n’a pas peur de s’engager et de miser l’ensemble de son tapis
La fréquence de participation dans les coups :
le joueur large : il entre dans beaucoup de coups, il colle souvent, il joue beaucoup de mains, même avec des cartes marginales
le joueur serré : il connaît la valeur de ses cartes, et prend le choix de sélectionner avec soin celles avec lesquelles il entre dans les coups. Il joue donc peu de coups, car il attend d’avoir des “monstres” en main.

A partir de ces deux axes, nous pouvons donc construire une matrice permettant de définir nos quatre profils bestiaux :

passif + large : l’éléphant, joueur prévisible
passif + serré : la souris, joueur très prévisible
agressif + large : le chacal, joueur très imprévisible
agressif + serré : le lion, joueur imprévisible

Une fois définis ces profils de joueur, comment s’y adapter ?

Passons en revue les quatre profils de joueurs.

L’éléphant, joueur prévisible, aime jouer. Il aime voir des cartes, il aime entrer dans des coups, il aime avoir des adversaires. Il se contente donc souvent de suivre, ne fait pas en sorte de faire fuir ses adversaires. C’est un joueur qui va suivre même en cas de tirage en espérant beaucoup de miracles.
Pour le battre : jouer dur contre lui, et ne pas chercher à le bluffer car il suivra tout le temps. Le piéger avec une grosse main.
L’éléphant est sans doute le joueur qui perd le plus sur le long terme, même si, a contrario, c’est celui qui est capable sur une partie de gagner le plus si ses tirages rentrent, car le chacal aura mis des jetons dans le pot. En général, les débutants sont des éléphants.

La souris, joueur très prévisible. La souris entre finalement dans très peu de coups, et si peu, que quand elle le fait, tout le monde autour de la table sait qu’elle a une grosse main. Le pire joueur pour la souris est l’éléphant.
Pour le battre : être agressif, voler ses blinds, voler le pot. La souris supportera rarement d’être relancée.
La souris perd sur le long terme, mais moins que l’éléphant. La version No Limit du Texas Hold’em n’est pas un jeu adapté pour la souris, qui préfèrera la version Limit. Beaucoup de débutants … et de femmes sont des souris.

Le chacal, joueur très imprévisible, est dans tous les coups, souvent très démonstratif et exubérant. Il fait peur à tout le monde, car justement imprévisible. Il fait souvent des dégâts dans les tournois en montant de gros tapis, mais il faudra qu’il adapte son jeu pour gagner. Il aime voler les coups avant leur terme, et déteste montrer ses cartes, car il veut rester secret.
Pour le battre : il faut accepter de le payer en cas de force et le piéger au flop au moment où il essaiera d’arracher le coup.
Le chacal est le joueur connaissant la plus forte variance, capable de monter très haut et de descendre très bas. Quand il contrôle une table et ses joueurs, il fera de gros dégâts.

Le lion, joueur imprévisible, représente le joueur solide. Il sélectionne soigneusement ses coups, mais quand il entre en jeu, il le fait avec force et violence. C’est un joueur méfiant, connaissant les probabilités, très calculateur. Il connait ses cotes, maîtrise les outs. Il saura choisir le moment de bluffer, mais tombera lui-même souvent dans les bluffs à son insu.
Pour le battre : il faut être soi-même un lion ou un chacal. Il faut être capable de le sur-relancer, le piéger à l’aide de check-raise, ou sous-jouer avec un monstre pour l’inciter à bluffer.
Le lion est le roi de la jungle, un winner. C’est un animal indépendant, sans pitié, fonceur.

En résumé
Le chacal est le joueur le plus imprévisible, sans égal. Les éléphants et les souris seront facilement éliminées face au chacal, et en tournoi, il saura se défaire du lion.
Ces quatre catégories de joueurs sont en fait des dominantes. Personne n’est en permanence éléphant, souris, lion ou chacal, mais chacun a un jeu qui le caractérise en majorité.
Pour progresser, il faudra donc s’adapter au style de jeu des adversaires, et donc être capable de changer son propre style de jeu, être imprévisible. Les changements de comportements seront la clé de la réussite au poker !

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